Corps toujours en tension : pourquoi la relaxation ne suffit pas
Corps toujours en tension : pourquoi la relaxation ne suffit pas

Vous avez essayé le yoga. Ou la méditation. Ou les bains chauds, les week-ends à la campagne, les applications de respiration. Ça aide sur le moment. Et puis quelques heures plus tard, ou le lendemain matin, c'est reparti : mâchoire serrée, épaules qui remontent, ventre noué, nuque bloquée.
C'est l'une des situations les plus fréquentes que je rencontre dans mon cabinet parisien : des personnes qui font les bonnes choses, qui cherchent activement des solutions, et dont le corps reste tendu malgré tout.
Ce n'est pas un manque de volonté. Ce n'est pas que vous ne faites pas assez d'efforts. Bien au contraire. C'est que ces solutions, aussi utiles soient-elles, ne s'adressent pas à ce qui est réellement à l'oeuvre dans votre corps.
Ce que le corps fait quand il a appris à "tenir"
Le système nerveux a une fonction première : assurer votre survie. Face à une menace, réelle ou perçue, il active une réponse d'alerte qui mobilise le corps : muscles contractés, respiration courte, vigilance accrue. C'est un mécanisme ancien, efficace, indispensable.
Le problème survient quand cette réponse d'alerte ne s'éteint plus vraiment.
Cela arrive souvent chez les personnes qui ont traversé des périodes de tension prolongée : charge de travail intense, relation difficile, environnement imprévisible, ou simplement l'habitude de "gérer" sans jamais vraiment déposer. Le système nerveux a appris à rester en mode vigilance. Il anticipe, surveille et tient.
Avec le temps, cet état devient le fond permanent. Le corps ne sait plus tout à fait comment faire autrement. Et c'est pourquoi une heure de yoga ne suffit pas à le convaincre que tout va bien : ce n'est pas une question de technique, c'est une question d'apprentissage profond que le corps doit défaire.
L'hypervigilance corporelle : quand le corps surveille sans relâche
Ce que les professionnel.le.s appellent hypervigilance corporelle, c'est précisément cet état : un corps qui reste en alerte même en l'absence de danger immédiat.
On le reconnaît à plusieurs signes :
- une tension physique qui s'installe sans raison apparente, souvent dans la nuque, les épaules, le ventre ou la mâchoire
- une fatigue chronique qui ne se dissipe pas avec le sommeil, parce que le corps ne s'est pas vraiment relâché pendant la nuit
- une boule au ventre qui apparaît avant les rendez-vous, les repas, ou parfois sans déclencheur identifiable
- une hypersensibilité aux bruits, aux environnements chargés, aux imprévus
- une difficulté à "ne rien faire" : le repos est inconfortable, l'inactivité génère une agitation diffuse
Plus que du stress au sens premier du terme, c'est un système nerveux qui a appris à ne pas se relâcher.
Pourquoi "se détendre" ne suffit pas
Les pratiques de relaxation agissent sur les symptômes : elles apaisent sur le moment, régulent la respiration, relâchent la surface. C'est précieux. Mais elles n'atteignent pas toujours la couche plus profonde où la tension s'est installée.
Car le relâchement ne se décide pas. Il ne s'obtient pas par la volonté ni par la bonne technique. Il se retrouve, progressivement, quand le système nerveux reçoit des signaux suffisamment répétés qu'il peut, maintenant, lâcher et vivre autre chose.
C'est précisément là que peut prendre place un travail par le corps, différent de la relaxation : non pas pour recouvrir la tension, mais pour s'adresser à ce qui la maintient. Et inscrire dans le corps de nouveaux vécus, que l'exploration et la conscientisation viendront ancrer comme de profondes ressources.
Un accompagnement qui parle au système nerveux
Je reçois à Paris 10ème des personnes qui vivent cette tension corps chronique depuis si longtemps qu'elles ont fini par croire que c'était leur nature. Que c'était "comme ça". Que les solutions existaient, mais pas pour elles.
Dans l'accompagnement psychocorporel que je propose, nous travaillons directement avec ce que le corps exprime : où il tient, comment il tient, et ce qu'il lui faudrait pour commencer à relâcher. Pas en forçant, ni en analysant. Mais en créant les conditions, séance après séance, pour que le système nerveux retrouve un état de sécurité qu'il a sans doute un temps perdu de vue.
Clémentine Voos
le corps en présence - accompagnement psychocorporel & massage intuitif
17 rue de Lancry 75010 paris
