L'anxiété fonctionnelle : quand tout va bien en apparence
L'anxiété fonctionnelle : quand tout va bien en apparence

Il existe une forme d'anxiété dont on parle peu, parce qu'elle ne se voit pas.
Pas de crises de panique. Pas de journées entières au lit. Pas d'arrêt de travail. De l'extérieur, tout va bien : vous fonctionnez, vous assurez, vous répondez présent.e. Et pourtant, à l'intérieur, quelque chose ne tient qu'à un fil.
Vous vous levez déjà fatigué.e. Vous avez souvent une boule dans le ventre sans savoir exactement pourquoi. Vous vous sentez à cran pour des petites choses, et vous culpabilisez d'être à cran pour si peu. Votre corps semble constamment en alerte, comme s'il attendait quelque chose qui n'arrive jamais vraiment.
Ce que vous vivez a un nom : on parle d'anxiété fonctionnelle, ou en anglais de high functioning anxiety.
L'anxiété fonctionnelle : fonctionner malgré tout
Le terme high functioning anxiety est apparu dans les pays anglophones pour désigner précisément ce profil : des personnes qui "s'en sortent" en apparence, souvent même très bien, mais qui vivent avec un niveau de tension intérieure permanent que leur entourage ne perçoit pas.
L'anxiété fonctionnelle ne figure pas comme telle dans les classifications médicales. Elle n'est pas moins réelle pour autant. Elle se reconnaît souvent à ces signes :
- une fatigue qui ne passe pas malgré le sommeil
- une tendance à anticiper, à ruminer, à "tourner en boucle"
- une hypersensibilité émotionnelle que l'on s'efforce de cacher
- une difficulté à vraiment se détendre, même dans les moments censés être agréables
- un sentiment d'être constamment "en vigilance"
- une tendance aux comportements compulsifs de compensation (nourriture, alcool, écrans, shopping...) pour "faire redescendre la pression" sans vraiment y parvenir.
Et souvent, aussi, une voix intérieure qui dit : "je n'ai pas de raison valable de ne pas aller bien".
Pourquoi le corps "sait" avant vous
L'anxiété invisible s'installe dans le corps avant même d'être reconnue comme telle. Vous n'avez pas encore mis le mot dessus que votre corps, lui, répond déjà : nuque tendue, mâchoire serrée au réveil, respiration courte, ventre noué avant les rendez-vous.
Ce ne sont pas des caprices. Ce ne sont pas des symptômes "sans raison". Ce sont des signaux : la manière qu'a votre système nerveux de vous dire que quelque chose vous coûte, même si vous ne l'avez pas encore formulé.
Le problème, c'est que quand on fonctionne malgré tout, on apprend à ignorer ces signaux. À tenir. À faire comme si. Jusqu'au moment où tenir demande trop d'énergie, ou où le corps hausse le ton.
Le mythe du "ça va, je gère"
On réserve souvent l'aide, qu'elle soit médicale ou thérapeutique, aux moments où ça ne va vraiment plus. Quand c'est visible. Quand on a "une bonne raison". Quand on est empêché.e de continuer à fonctionner comme on l'a fait jusque là.
Mais l'anxiété fonctionnelle, justement parce qu'elle ne se voit pas et permet de donner le change, ne se prend en charge souvent jamais. Elle reste là, en fond, comme un bruit permanent. On s'y habitue, on finit par croire que c'est son tempérament, que c'est normal d'être comme ça, que tout le monde ressent la même chose.
Ce n'est pas une fatalité.
Un accompagnement qui part du corps
Quand l'anxiété loge dans le corps, travailler uniquement par la parole peut avoir ses limites. Comprendre l'origine de son anxiété ne suffit pas toujours à la déloger. Le corps, lui, continue de tenir le même état d'alerte.
Je reçois à Paris 10ème des personnes qui vivent ce type d'anxiété silencieuse : celles qui "vont bien" de l'extérieur mais s'épuisent de l'intérieur. Mon accompagnement psychocorporel part du corps tel qu'il est maintenant, de ce qu'il porte, de ce qu'il exprime. Il associe un toucher précis et attentif à un espace de parole, pour aider le système nerveux à sortir progressivement de cet état de mobilisation permanent.
Ce n'est pas une technique de relaxation. Ce n'est pas du massage. C'est un accompagnement qui prend au sérieux ce que le corps dit, pour permettre à quelque chose de se déposer, puis de changer.
Si vous vous reconnaissez dans ces lignes
Peut-être que vous ne vous seriez pas dit "je suis anxieux.se". Peut-être que vous auriez plutôt dit : je suis fatigué.e, je suis à fleur de peau, je n'arrive plus à vraiment me détendre, j'ai l'impression de ne jamais être tranquille.
C'est souvent là que ça commence. Et c'est exactement là que le travail que je propose peut prendre sa place.
Clémentine Voos
le corps en présence - accompagnement psychocorporel & massage intuitif
17 rue de Lancry 75010 paris
